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Pubalgie : comment soigner cette blessure qui n’arrive pas qu’aux footballeurs..

  • comment soigner une pubalgie

La pubalgie est une douleur musculaire qui, comme son nom semble l’indiquer, se situe dans la région du pubis. Cela se confirme d’ailleurs lorsque l’on prête attention à son étymologie, avec un nom composé de : « pub » pour le carrefour pubien et « algie » qui signifie la douleur.

On retrouve très souvent cette douleur dans le milieu du football, mais aussi en athlétisme, au handball, au rugby et au tennis. Les hommes sont plus touchés que les femmes justement du fait que la pubalgie survient dans ces sports à tendance masculins.

Elle est souvent due à un surentraînement qui entraîne de micro traumatismes répétés. Le terme pubalgie est en fait un regroupement de plusieurs liaisons possibles. Chez les sportifs d’abord, la plus fréquente est la pubalgie des adducteurs (muscles internes de la cuisse) mais on retrouve aussi de nombreux cas de la pubalgie pariéto abdominale qui concerne ce que l’on appelle communément les « tablettes de chocolat » (muscles grands droits de l’abdomen).

Pubalgie des adducteurs

Ce type de pubalgie qui résulte d’une inflammation peut se situer à 3 niveaux différents :

  • au niveau de l’insertion des muscles sur l’os du pubis => tendinite d’insertion (enthésopathie d’insertion)
  • au niveau du tendon entre le muscle et l’os => tendinite (tendinopathie d’insertion)
  • au niveau de la jonction tendon/muscle => déchirure musculo- tendineuse

La pubalgie pariéto-abdominale

canal inguinal

Ce deuxième type fréquent de pubalgie (aussi appelée pubalgie pariétale) se situe à l’endroit où pourrait survenir une hernie inguinale, bien que ce n’en soit pas une, la confusion est donc possible. Cette pathologie bien douloureuse est l’équivalent d’une déchirure musculaire et elle n’est pas réservée qu’aux sportifs de haut niveau !

Elle peut avoir deux origines :

  • au niveau du plis de l’aine
  • au niveau de l’insertion de la zone médiane du pubis (inflammation des muscles grand droit de l’abdomen)

L’orifice inguinale (zone sujette aux hernies) est une sorte de trou dans lequel passe le cordon spermatique chez l’homme (ligament rond de l’utérus chez la femme).

Normalement cet orifice est recouvert par une membrane tendue, mais quand cette membrane est distendue, soit parce que les muscles de la cuisse sont trop contractés, soit parce que ceux de l’abdomen sont trop faibles, va se créer un déséquilibre. L’orifice va alors s’agrandir, les tensions musculaires ne vont plus être concentrées équitablement, créant la douleur.

Causes, symptômes et diagnostique d’une pubalgie

La pubalgie émane bien souvent d’un mouvement répété de cisaillement au niveau de la symphyse pubienne. Ce cisaillement entraîne des déséquilibres flagrants entre le côté du corps ou le pied est en appui et l’autre pied.

parietale abdominale

Draxler en mode « tir de l’aigle »

Prenons l’exemple du footballeur, beaucoup touché par la pathologie. Lorsqu’il frappe le ballon, son corps est en déséquilibre, le tir qui exige de la puissance et un recrutement abdominale certain va entraîner le fameux mouvement de cisaillement dans la région pubienne. Ces syndromes pubalgiques se manifestent généralement chez les jeunes sportifs ayant augmenté le nombre d’entraînements hebdomadaires (centres de formation par exemple).

Un dos très cambré (hyperlordose) aura plus tendance à créer le phénomène de symphyse pubienne, de même qu’une musculature abdominale trop faible combinée à une hypertrophie musculaire des jambes. C’est souvent le cas chez les footballeurs qui ont des cuisses très musclées.

La pubalgie peut soit apparaître brutalement suite à un effort un peu trop intense, à la manière d’une déchirure musculaire, soit s’installer petit à petit et s’amplifier au fil des semaines.

Voici une liste de douleurs qui peuvent vous mettre la puce à l’oreille :

  • douleurs lorsque vous toussez
  • douleurs lorsque vous quand essayez de vous relever ou encore sur certains mouvements d’impulsions, de tir (football, handball, tennis), changements directionnels, qui deviennent extrêmement délicats.
  • douleurs qui viennent progressivement dans les zones concernées, notamment la région inguinale
  • douleur qui parvient aux testicules et/ou aux adducteurs
  • douleur qui s’atténue à froid et s’estompe lors de l’effort

Diagnostique du médecin

La pubalgie n’est pas des plus simples à diagnostiquer, car elle peut se confondre aisément avec d’autre pathologies comme les tendinites, les fractures de fatigue ou encore l’hernie inguinale.

Le médecin du sport doit alors procéder par élimination en posant une série de question au sportif, qui lui permettront d’évincer tout risques de confusion, quel est le type de sport pratiqué, à quelle fréquence, a quoi ressemble les entraînements, avec quel équipement on s’entraîne etc..

Après ces question, le spécialiste va tout passer en revue, de la posture aux signes d’hernie inguinale en passant par les recherche de douleurs localisées et par la constatation de l’état des muscles.

Echographie et I.R.M viendront ensuite corroborer le diagnostique (ou non).

Comment soigner la pubalgie en 3 étapes

La première des étapes du traitement de la pubalgie est le repos sportif, fondamental pour soigner la déchirure. il ne suffit cependant pas, il doit impérativement être associé à de la kinésithérapie, seul traitement efficace pour en finir avec ces inflammations musculaires.

Direction le kiné donc, avec au programme :

    • des massages qui permettent de faire disparaître progressivement la douleur, en assouplissant au maximum le muscle et en vascularisant la douleur, il faut amener du sang pour que la récupération du muscle soit plus aisée
    • soin par courant électrique antalgique, qui sollicite la zone laisée et aide à réparer la fibre musculaire

Les athlètes doivent attendre que la douleur disparaisse pour entamer la suite des soins, mais souvent cette patience leur fait défaut.. Cela peut prendre du temps, jusque quelques mois, avant d’entamer la seconde étape des soins, les étirements.

Seconde étape, les étirements

Un muscle qui souffre à tendance à se contracter et à se raccourcir, comme un élastique. Il faut donc lui redonner son élasticité, ce que permettent les étirements. Le kiné est essentiel dans ce processus, car les étirements doivent être guidés par un professionnel pour éviter le mauvais geste qui pourrait réveiller la douleur.

On étire principalement les adducteurs, le psoas, les grands droits, les lombaires etc..

En dernière étape vient le renforcement musculaire

Les muscles ont travaillé en isolation, cette dernière étape vise à les faire travailler ensemble. Il s’agit d’une rééducation proprioceptive afin de trouver une harmonie entre les muscles et les mouvements. Si la patience est de rigueur, un sportif pourra retrouver sa puissance musculaire en 4 à 6 mois.

Il existe en complément des traitements médicamenteux à base de myorelaxants et d’anti inflammatoires non stéroïdiens, voir d’infiltrations de corticoïdes si nécessaire (une piqûre près du plis au niveau des testicules, injection de cortisone).

Ultime recours, l’intervention chirurgicale

Si tout ceci ne suffit pas, il reste l’intervention chirurgicale, mais un seul type de pubalgie est opérable, la pariéto abdominale située sur l’aine prise en charge par certaines mutuelles. Ces opérations sont généralement choisies par les sportifs de haut niveau qui sont dans l’urgence et ne veulent pas laisser une telle douleur gâcher leur rêve de carrière sportive.

Comment prévenir la pubalgie ?

En conclusion, mieux vaut prévenir que guérir, comme toujours ! Le surentraînement n’est pas le plus indiqué pour s’améliorer en sport, car le corps a besoin de récupérer de tous ces micro traumatismes qu’on lui fait subir. Pour ne pas risquer de perdre 6 mois de votre carrière, voici une petite liste de recommandations afin d’éviter de croiser un jour le chemin de la pubalgie :

    • être à l’écoute de son corps, d’éviter d’adopter une fréquence d’entrainement trop élevée et d’y aller progressivement dans l’intensité
    • les étirements ne doivent jamais être laissés pour compte, vous pouvez en faire après vous être correctement échauffés et/ou en fin d’entrainement, n’oubliez surtout pas les ischios jambiers et les adducteurs
    • pensez à bien vous hydrater pendant et après vos entrainements
    • pensez à bien apporter à votre corps des sucres lents avant/après l’entrainement
    • pratiquez votre sport avec une paire de chaussure dédiée à la pratique et dans laquelle vous vous sentez bien (adaptez toujours vos crampons à la qualité du sol)
    • renforcer votre sangle abdominale, surtout vos abdominaux profonds avec des exercices de gainage
    • essayez de corriger votre cambrure lombaire autant que possible, en renforcer votre gainage abdominal ou en allant nager
    • opter pour un short de compression, et dans le cas d’une reprise après pubalgie, d’un shortystrap
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mercredi 31 mai 2017|

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