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Griffes du diable, une plante médicinale loin d’être diabolique

  • griffes du diable

Nous allons aujourd’hui nous intéresser à la phytothérapie, c’est-à-dire la médecine à base d’extraits de plantes médicinales et d’actifs naturels. La phytothérapie n’est pas une discipline toute récente, mais force est d’admettre qu’elle a le vent en poupe (tout comme l’aromathérapie), de plus en plus nous aimons revenir aux sources et reconsidérer notre façon de manger, de consommer et de nous soigner.

Il est une plante qui est particulièrement à la mode en Occident, elle a très bonne réputation et on la décrit comme miraculeuse pour curer les maux de dos, entre autres. On la retrouve notamment sous forme de complément alimentaire, elle répond au doux nom de la griffe du diable.

Si ce sobriquet pourrait donner quelques sueurs dans le dos, il n’en est rien en fait et la plante est loin d’être diabolique, au contraire. Peut-être que cette plante ne vous dit rien parce que vous la connaissez sous son appellation latine : l’harpagophytum.

Toujours pas ? Bon, et bien nous allons faire les présentations.

L’harpagophytum, une plante utilisée depuis des siècles

Devil's claw

L’araignée de bois

L’harpagophytum signifie harpon végétal (ou grappin végétal), elle appartient à la famille des pédaliacées, ce nom lui vient du fait que cette plante possède des « griffes » qui lui permettent de s’accrocher au pelage des animaux ou de s’enfoncer dans les sabots des bétails.

Les pauvres bêtes n’ont alors d’autres choix que de se démener pour tenter de retirer les griffes de leurs sabots. En frappant le sol et gesticulant, ils aident ainsi la griffe du diable à déverser les graines qui sont contenues dans ses fruits, participant à sa reproduction. Impressionnante nature !

En anglais on la retrouve sous la traduction « devil’s claw root » ou encore « spider wood », l’araignée des bois. On utilise les racines de cette plante depuis des siècles pour ses vertus thérapeutiques. D’ailleurs vous pouvez aussi la rencontrer sous le terme « racine de Windhoek ».

En effet ces racines sont depuis longtemps récoltées dans les régions désertiques du sud Est de l’Afrique, notamment à Windhoek ou encore dans le désert du Kalahari et les steppes de Namibie. En 1904 lors de la guerre de Namibie,  les sorciers indigènes soignaient les blessés avec ces racines, qui cicatrisent très bien.

Un soldat allemand du nom de Menhert se met alors en tête de découvrir qu’elle est cette plante aux vertus miraculeuses. Il fait sentir à son chien la plante en question et ce dernier le mène vers les racines aux propriétés magiques. Menhert n’aura plus qu’à envoyer quelques échantillons en Allemagne pour analyse. Les Allemands parviennent alors à savoir qu’il s’agit de la griffe du diable, début d’une success-story.

Récolte et production de griffes du diable

Araignée des bois

L’harpagophytum dans son milieu naturel

On la trouve principalement sur des sols où règnent sable et argile, loin de toute végétation naturelle. Il en existe deux variétés, l’harpagophytum procumbens et zeyheri (la première étant la plus intéressante en terme de bienfaits).

Après l’avoir repéré, il faut nettoyer tout autour de la plante afin de voir si celle-ci possède des tubercules, si oui, il convient de remonter ces tubercules pour couper à la racine.

Il faut ensuite bien choisir la plante avant de la cueillir et vérifier que cette dernière possède les fameuses « griffes » et qu’elle est assez grande afin d’en tirer quelque chose.

L’harpagophytum est assez difficile à exploiter, car elle nécessite de creuser profondément pour recueillir toutes les tubercules. Quand ces dernières ont été extraites du sol, on passe à la découpe en rondelles, puis on les trie par qualité et avant de préparer l’export, on les met à sécher durant plusieurs semaines !

C’est donc un processus ancestral relativement long, qu’il convient de bien respecter pour ne pas mettre l’espèce en danger…malheureusement, comme tout produit à succès, l’harpagophytum est maintenant menacé. Le revers de la médaille…

La griffe menacée par une surconsommation ?

griffes du diable

Les griffes du diable sèchent durant plusieurs semaines

Il faut comprendre que la griffe du diable est un véritable trésor de bienfaits, mais aussi économiquement parlant.

Elle représente à elle seule un marché juteux en Europe où l’industrie pharmaceutique occidentale l’utilise énormément (notamment sous forme de sachets de thé ou de pilules pour soigner l’arthrite).

Traditionnellement, ceux qui sont responsables de la cueillette d’harpagophytum doivent laisser une petite incision en automne au niveau des tubercules et ne pas toucher aux fleurs ni aux fruits.

Cette incision est très importante pour la survie de l’espèce, car elle va être responsable de la libération des graines dans le sol et ainsi perpétuer d’autres tubercules.

Seulement voilà, la demande occidentale est telle (plus de 1000 tonnes par an !) que la plante représente maintenant la plus grande richesse du pays. Les cueilleurs doivent assurer les commandes et n’ont plus le temps de respecter les protocoles ancestraux, le rendement doit être au rendez-vous !

La forte demande et les prix faibles ont poussé les san (tribu locale) à récolter sans précaution cette plante. Ces derniers mettent alors en danger la survie de l’espèce ainsi que leur principale source de revenus.

La demande en griffe du diable a été considérablement augmentée ces 5 dernières années en Europe et ailleurs. Cela pose évidemment un problème sur les ressources naturelles de ces plantes

Les modes de culture et de cueillette ancestrales assurent la qualité de l’harpagophytum. C’est pourquoi les spécialistes de cette plante recommandent le respect de ces pratiques malgré la surexploitation dont elle fait l’objet.

Si vous souhaitez en acheter optez pour de l’harpagophytum bio, un produit cultivé d’une manière durable. Sachez qu’il existe des fermes réglementées où l’espèce n’est pas en danger et sa production est « éthique ». Lisez bien les étiquettes au moment de l’achat, vous pourriez ainsi observer « fabriqué à partir d’un extrait titré en principes actifs dans le respect des normes ».

Une mine d’or pour les sportifs (surtout les fragiles)

Si autrefois, les sorciers indigènes utilisaient les griffes du diable pour soigner la malaria en Namibie, aujourd’hui, ses indications se sont bien diversifiées.

Le meilleur des anti-inflammatoires naturels

L’harpagophytum est avant tout un anti-inflammatoire remarquable que l’on peut utiliser lors de rhumatismes, inflamation du genoux, courbature voire même pour des inflammations pulmonaires ! C’est également un très bon diurétique.

On l’utilise en poudre de racines diluée dans de l’eau (cataplasmes) ou en usage interne sous forme de tisane ou de décoction. Les infusions sont réservées aux plantes peu épaisses, les décoctions sont plus réservées aux racines .

L’harpagophytum contre les douleurs musculaires

En tant que sportif, l’harpagophytum est particulièrement intéressant et la plante est très utilisée dans les traitements contre les douleurs articulaires, musculaires, tendineuses. Les griffes du diable diminuent l’expression des médiateurs de l’inflammation (PGI2, TXA2, COX1, COX2) pour soulager la douleur.

C’est donc un des meilleurs éradicateur de douleurs naturels, mais ses indications ne s’arrêtent pas là !

Les griffes du diable dans votre estomac pour une meilleure digestion

Les griffes du diable étant stomachique, elles ont aussi une action bénéfique sur la digestion. L’action est d’autant plus efficace lors d’une prise en extrait ou en décoction, car la solution amère sur les papilles gustatives va provoquer la synthèse de suc gastrique par l’estomac.

Ses autres indications thérapeutiques :

  • Arthrose
  • Arthrite
  • Torticolis
  • Douleurs dorsales et lombaires
  • Rhumatismes
  • Maux de tete
  • Entorses, foulures, tendinites

Principes actifs extraits, étudiés et dosés :

  • Gluco-Iridoïdes : harpagoside, procumbine
  • Flavonoides
  • Phytosterols

Pour acheter un produit de qualité comptez au minimum 3% de Gluco-Iridoïdes ou 1,2% d’harpagoside. Vous pouvez demander directement au laboratoire les résultats d’essais sur ces plantes récoltées ou faire confiance au pharmacien.

Notez qu’il existe aussi des produits naturels sur le marché qui combine à la fois de l’harpagophytum procumbens associé à de l’harpagophytum zeyheri (le second possède une composition différente en principes actifs, mais les études ayant comparé l’efficacité entre les deux souches donnent des résultats similaires). L’harpagophytum zeyheri est le seul à présenter des 8P coumaroylharpagide, ce qui distingue les deux espèces.

Griffes du diable : posologie de cette plante médicinale

Pour tirer le maximum de bénéfices de l’harpagophytum, il faut respecter les posologies, qui varient selon l’indication et le mode d’utilisation :

  • Stimulation de l’appétit : 500mg de racines séchées 3* par jour en décoction
  • Douleurs articulaires : 4/5g par jour en gelules ou 1,5g de racine séchée par jour en décoction

Pour les douleurs articulaires, l’harpagophytum fonctionne en synergie avec les parties aériennes de la prêle, les feuilles de cassis et les écorces de saule ou encore le curcuma (rhizome). Il n’est donc pas rare de voir des produits qui combinent plusieurs de ces plantes comme le Quator, un mélange d’ortie, de cassis, d’harpagophytum et de Curcuma.

Les études indiquent que l’efficacité ressentie apparaît au bout de 3 à 6 semaines et l’efficacité maximale survient au bout de 3 à 4mois.

L’harpagophytum est donc un parfait moyen de remplacer des traitements classiques anti-inflammatoires pour des petits maux: Adieu le voltarène pour soulager les courbatures!

Pour maximiser l’efficacité du traitement, il faudra associer quelques conseils hygiéno-diététiques comme :

  • reprendre une activité physique adaptée à l’âge et au niveau sportif
  • perdre du poids
  • avoir une alimentation riche en antioxydants
  • arrêter le tabac

Contre indication

Il n’est pas conseillé d’en prendre en revanche si vous souffrez de :

  • ulcère
  • gastrite (car simule la sécrétion d’acide gastrique)
  • calcules biliaires

N’en prenez pas non plus si vous consommez d’autres anti-inflammatoires. L’harpagophytum interagit aussi avec les traitements anticoagulants (coumarine) en provoquant un risque d’hémorragie.

Effets secondaires

En effets secondaires, on peut noter des douleurs abdominales, des nausées et des diarrhées.
Il ne faut jamais l’utiliser chez la femme enceinte, allaitante, ni chez l’enfant de moins de 18 ans, ce qui est assez paradoxal, car les indigènes en donnaient à la femme qui accouche, pour atténuer la douleur.

Conclusion

L’harpagophytum est un des « compléments alimentaires » dont le succès est le plus amplement justifié (avec le ginkgo), il est bon à placer dans les trousses à pharmacie de tous les sportifs. Cependant, il faut bien garder à l’esprit que son espèce est menacée et sa population naturelle surexploitée.

Heureusement, il existe aujourd’hui des fermes d’élevage dont la production se veut éthique, sollicitant ainsi moins la population naturelle. Malgré cela, la demande est si forte que ces cultures ne peuvent pas encore couvrir tous les besoins et le problème de sourcing est de plus en plus important.

Il est de notre devoir de consommer l’harpagophytum de manière responsable, sans quoi la vedette de la phytothérapie moderne disparaitraf. Sachez qu’il existe de très bonnes alternatives, notamment la scrofulaire noueuse qui pousse en France, l’arnica ou encore la Filipendula ulmaria, appelée aussi Reine des près.

Ressource :
L’excellente chaine Youtube PharmaSilica
Découvrez la spiruline, un autre complément alimentaire exceptionnel !

Griffes du diable, une plante médicinale loin d’être diabolique
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mercredi 23 novembre 2016|

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