Equipement running

Equipement running

Il n’y a pas encore si longtemps, nous courrions pieds nus, sans données de running ! Si si, je vous assure ! Comment est-on passé du coureur de l’âge de pierre au coureur surconnecté, voyons ça !

Retour en 1960, où les écrans de TV noir et blanc diffusaient avec le grain de l’époque deux hommes très fins courant le marathon olympique sur les pavés de la voie appiene à Rome. Ces deux héros mythiques n’étaient autres que Adebe Bikila et Fred Flinstone et ils avaient pour unique point commun ce qu’ils portaient aux pieds…absolument rien !

Les humains ont couru pieds nus depuis des millénaires, certains même continuent à perpétuer cette pratique nommée « barefoot running » quand d’autres courent pour le plaisir avec ce qu’ils ont sous la main, c’est à dire pas forcément des chaussures de running.

Mais l’industrie a tant évolué qu’elle exerce dorénavant sur les coureurs une opération séduction qui est l’antipode du strip-tease, nous équipant et nous encombrant toujours plus, avec une technologie toujours plus complexe et avancée.

Les paires de chaussures évidemment, mais aussi les monstres, les walkmans (oui, ça a existé !), les iPods etc.tout ceci nous donne plus d’allure.

Nous courons maintenant bien au chaud dans nos vêtements de compression, avec des gants capables de supporter n’importe quel Blizzard, des lunettes de course polarisée, des shorts et des t-shirts techniques, des FitBit et compagnie synchronisées au smartphone qui enregistre notre première foulée une fois le GPS nous ayant localisé et avec notre boisson de récupération et nos ustensiles de massage nous attendant sagement à la maison.

Oui, nous sommes des dingues de la technologie, mais il n’en a pas toujours été ainsi…

En 1966, le monde du running ne ressemblait pas vraiment à ça, non seulement point de vue matos, mais aussi…culturel. Cette année-là, une jeune femme de 23 ans , Roberta Bobbi, prit le départ du marathon de Boston en se faufilant dans la foule de participants, une course à l’époque interdite aux femmes !

Que dire de l’équité des sexes à l’époque…Roberta du cacher ses formes féminines en s’habillant d’un costume de bain une pièce recouverte d’un gros sweat capuche et d’un bermuda emprunté à son frère !

Quant aux chaussures, une paire de baskets d’infirmière blanche l’accompagna durant toute la course. Loin de l’équipement running de pointe des temps modernes et en dépit de l’interdiction de participer en tant que femme, Roberta signa une performance de 3h et 21 minutes, terminant ainsi le marathon devant 289 hommes (126/415 coureurs), plutôt pas mal hein ?

Les runners de cette époque qui nous parait si lointaine n’avaient que peu de choix en terme de matériel de course à pied. Les vêtements étaient tous faits de coton bien lourd, ils étaient de véritables usines à sueur, bien loin de la respirabilité de nos tissus contemporains !

Les textiles n’avaient point non plus de capacité à bloquer les vents glaciaux, d’où la naissance du phénomène appelé « crainte du pénis froid » , cette sensation désagréable chez les hommes de parties génitales qui deviennent froides et douloureuses…ah non, il ne faisait pas bon courir en ces temps-là !

Le boom des années 70

Et puis vint le boom du jogging, aussi appelé yogging à l’époque dans les années 1970. De plus en plus de personnes se mirent à la course à pied et les équipementiers commencèrent alors à se creuser les méninges pour apporter de l’innovation aux produits, devant le besoin du marché grandissant à toute vitesse.

Toute création à son mythe, et celui de la première chaussure running se déroule un matin comme un autre en Oregon, dans la cuisine de Bill Bowerman (cofondeur de Nike), dans laquelle celui-ci eut une idée brillante en observant le sirop d’érable couler de sa gaufre. Il emprunta alors l’appareil à gaufre de sa femme pour y couler du caoutchouc dessus…

Fabrication des premières semelles running

Bon, sur le coup, il flingua l’appareil, ayant oublier de mettre un agent anti adhésif sur celui-ci avant d’y couler le caoutchouc, mais avec du recule, il revit le procédé et inventa la toute première semelle gaufre : « waffle sole ».

La même année, Ron Hill devint le premier athlète britannique à remporter le marathon de Boston en 2h 10mins 30secs. Mais Ron Hill n’était pas un coureur comme les autres, c’était aussi un visionnaire qui créa en 1972 le tout premier pantalon de running, le mythique « trackster ». Suivirent en 1978 les fameux shorts et vestes Union Jack.

Tout s’enchaina ensuite, en 1979, une nouvelle entreprise au nom évocateur de Polar lança le premier cardio fréquencemètre sans fil, une avancée incroyable dans le monde du gadget de la course à pied, en 1982, un moniteur vint upgrader le modèle.

1984 vu apparaitre les premières montres de running, les Timex Triathlon et Timex Ironman, des montres qui affichaient des caractéristiques incroyables pour l’époque, comme le chronométrage de tour, d’intervalles, waterproof ou encore même…rétroéclairage, une première pour l’époque, ce qui marque le début des running de nuit !

La compagnie déclara sur le coup : « nous avons pris l’horloge de la ligne d’arrivée pour la mettre sur vos poignets ». À ce moment-là, l’engouement n’était pas encore tout à fait présent, et les runners n’avaient que faire de courir avec leur chrono en temps réel, comme en attesta le champion Welshman Steve Jones qui établit cette même année un nouveau record de 2:08:05 au marathon de Chicago.

Lui, n’a jamais couru une course avec un cardiofréquencemètre, encore moins une montre de running. Mais petit à petit, les gens se prirent d’intérêt pour les montres, peut-être devant l’émanance de nouveaux modèles.

Mais 1984 ne frappa pas le monde de la technologie running qu’avec les montres, un autre dispositif fit sa fracassante entrée dans le marché de la course à pied avec le premier Walkman de sport (que de bons souvenirs) par Sony !

sport walkmanLe Sony WM-F5 était solide, il ne craignait pas la pluie et surtout : il était tout de jaune vêtu (afin de le différencier des autres modèles non « sportifs »). Les runners se ruèrent dessus, déclarant que running et musique étaient définitivement le combo ultime, et dire qu’il ne connaissait même pas Spotify Running..!

D’autres runners boudèrent le Walkman, trouvant qu’il était tout de même plus plaisant de parler à un partenaire lors de ses footing, ou simplement se plonger dans ses pensées de runners, loin de la distraction de la musique.

De nouveaux vêtements de running firent leurs apparitions

Durant les années 70, la plupart des vêtements de running, et même de sport en général, étaient faits avec un gout inexplicable pour des textures comme le velours et le coton, ou les deux assemblés. Il fallut tout de même attendre que le nouveau millénaire pointe le bout de sa truffe pour que le monde du sport réfléchisse sérieusement à allier « style » et performance dans le textile (du texstyle en somme) .

En 1995, un étudiant et joueur de football américain : Kevin Plank, en eut plus qu’assez de se coltiner les même gros pull en coton. Il se rendit alors à New York pour débusquer des échantillonner de tissus. Il parvint finalement à façonner un prototype de Tshirt en microfibres. Il en fabriqua plusieurs modèles qu’il donna à ses amis pour que ces derniers les tests. Devenez ce qu’est devenu le jeune homme ? Pas grand-chose, il créa juste la petite société Under Armor qui marche aujourd’hui sur la planète sport oklm !

Mais Kevin ne fut pas le seul à se dire que les vêtements de running étaient trop ringards, une compagnie nommée Gore lance cette même année une marque dédiée à la course à pied : Concurve. La marque évoluera plus tard en « Gore Runninng Wear » et offrira d’incroyables avancées technologiques, surtout en terme de protection contre les météos non clémentes, ce qui lui procurera même un prix d’innovation en 2004 pour sa gamme de vêtements qui bloquent le vent.

En Australie, un certain Brad Duffy ne chôma pas non plus. En 1990, il se pencha sur la grande question de la récupération des muscles après l’effort, question à laquelle il apporta une réponse 8 ans plus tard en fondant Skins, ce n’est qu’en 2004 cependant que les premiers vêtements de compression au monde virent le jour, une révolution !

Pendant ce temps à Edinburgh, les recherches allaient bon train sur un tout autre sujet, celui de l’absorption des chocs durant la course à pied, particulièrement chez les dames et leurs attributs féminins. En 1995 naquirent ainsi les tout premiers soutiens-gorges de sport et leur capacité à protéger la poitrine.

La technologie dans ce domaine fut poussée à son paroxysme quand des chercheurs mirent sur pied dix ans plus tard un système tri dimensionnel de caméras infrarouges capables de traquer avec précision les mouvements des seins lors de la course.

lunettes de running

Ado Bolton aux JO de 2000 à Sydney, arborant ses magnifiques lunettes

Chaque parcelle du corps commençait à avoir son équipement de pointe, des orteils avec les chaussettes running jusqu’au yeux, avec les premières lunettes de running portées par Ato Bolton, un sprinteur de l’équipe Trinité et Tobago, aux JO de Sydney en 2000.

Bon, le design n’était pas encore au rendez-vous, mais la technologie intégrée était bel et bien présente. La technologie n’a cessé d’évoluer et aujourd’hui, les dernières lunettes de course de chez Oakley, les Radar Pacs, semblent être au sommet, intégrant toutes les datas de course dont on peut rêver en plus des protections contre les impacts, les Uvs, résistantes à la pluie, conseils de course en temps réel, etc..

L’ère de la data

Montre runningNous vivons et courons maintenant dans père de la donnée, et il est bien difficile de donner une date précise où tout à commencé, mais 2003 et la sortie de la Garmin forerunner 101 a sans doute bien changé la donne. Cette toute première version à la taille colossale marque le début du phénomène des montres de running GPS pour le coureur « ordinaire ».

Il parait désormais impensable pour la plupart d’entre nous d’aller courir sans données, celles-ci n’ont cessé de croitre alors que paradoxalement, la taille des montres running n’a-t-elle cessé de diminuer.

Octobre 2001 fut marqué par un produit qui secoua la planète running, le tout premier iPod ! On jette aux oubliettes les walkmans et Steve Jobs ne cessa d’annoncer les déclinaisons les unes après les autres, mini, shuffle puis iPhone en 2007.

La machine était lancée, l’impact de l’Iphone alla bien au-delà de la simple musique, emmenant son lot d’applications running et nous plongeant directement dans une nouvelle ère du running.

Strada fit son entrée en 2009, initialement pour les coureurs cyclistes, mais ajouta vite dans la même année des fonctionnalités pour les runners. La plateforme connut immédiatement un énorme engouement, tout comme bon nombre de traqueurs d’activités, il s’avéra vite que les gens adorent partager leurs résultats de course, leurs temps, leur datas, poussés sans doute par un besoin de reconnaissance.

Oui, nous sommes tombé dans la marmite de technologie et de gadget running, mais peut être que la vraie beauté de cette nouvelle phase de notre existence de runner est que l’on peut avoir le beurre et l’argent du beurre. Nous pouvons nous procurer du matériel de pointe, nous connecter à un satellite avant de nous lancer dans notre footing et oublier complètement la donnée, ou alors nous concentrer sur chacune de nos foulées et écouter les conseils vocaux de notre coach virtuel.

Nous pouvons pratiquer l’essence fondamentale de ce beau sport qu’est le running, toujours avec la même passion que nos ancêtres, tout en étant bien couvert, protégé de la pluie, pouvant évacuer notre sueur, et continuer d’avancer librement.

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