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Peut on soigner la dépression en soulevant de la fonte ?

  • musculation dépression

En France, la dépression gagne chaque année du terrain.

Un questionnaire réalisé par le BEH auprès de 25 319 personnes âgées de 18 à 75ans en 2017 en est arrivé à la conclusion que « près de 10% des personnes interrogées avaient déclaré avoir vécu un épisode dépressif caractérisé ayant eu un retentissement sur ses activités habituelles au cours des douze derniers mois ».

10% des Français boiraient donc du noir, et on ne parle pas là d’un simple épisode de déprime passagère, mais bien de la dépression, la maladie dont on ne connait finalement que peu de chose, si ce n’est qu’elle peut conduire à une augmentation du poids, à des troubles de sommeil (qui renforcent l’état de dépression) et au suicide…

Dans la plupart des cas, on s’en remet à deux grands types de traitements que sont les médicaments et la thérapie. Ces traitements sont parfois efficaces, parfois non, et présentent souvent des effets secondaires.

On sait maintenant depuis longtemps qu’il existe une autre forme de traitement gratuite qui n’est autre que l’exercice d’aérobie.

Le sport contre la dépression, remède testé et approuvé

L’aérobie nous vient du grec « ἀήρ » (air) et « βίος » (vie) et consiste à inspirer une grande quantité d’air pour ainsi apporter de l’oxygène au cœur et aux muscles.

Il est différent de l’exercice d’anaérobie et on le retrouve également sous l’appellation plus connu de « cardio ».

Pour en revenir à nos moutons, on pourrait donc contrer la dépression avec de l’exercice d’endurance ?

En tout cas, les études scientifiques menées sont prometteuses, avec beaucoup d’expérimentation montrant que le cardio est effectivement en mesure de réduire les symptômes de dépression, et ce de manière plutôt efficace ! Plus de recherches sont nécessaires, mais voici une récente méta analyses sur le sujet qui conclut que malgré le petit nombre d’essais examinés, l’exercice d’aérobie se révèle être une méthode antidépressive efficace.

Les scientifiques pensent que c’est parce que l’exercice régule la libération de la plupart des neurotransmetteurs associés au maintien de la santé mentale.

Bien que l’activité physique ne puisse pas remplacer un traitement psychiatrique (psychothérapie + prise de médicaments), son rôle sur l’humeur est si marqué que de nombreux psychiatres ajoutent maintenant un plan d’activité physique au programme thérapeutique de leurs patients.

Dans le cadre de la dépression, l’activité physique serait profitable immédiatement et à long terme, notamment parce que l’exercice :

  • distrait les personnes dépressives en plus d’être agréable.
  • peut être fait en groupe et offre une amélioration de la condition physique, ce qui donne un coup de fouet sur l’humeur
  • améliore la circulation sanguine vers le cerveau, oxygénant ainsi cet organe puissant
  • entraîne la production d’endorphines et d’enképhalines de type morphine qui, comme d’autres drogues, améliorent l’humeur
  • stimule les neurotransmetteurs associés à l’état dépressif (ou aux états de bien-être) comme la norépinéphrine

Mais ce n’est pas le point du sujet d’aujourd’hui.

Non, car aujourd’hui, je m’adresse à ceux qui détestent le cardio et lui préfèrent l’entrainement de résistance, A.K.A soulever de la fonte, des troncs d’arbres, des camions-citernes ou simplement son poids de corps.

Est ce que des disciplines comme la musculation ou le street workout (calisthenics) sont en mesure d’aider à lutter contre la dépression à l’instar du cardio ?

Muscu VS dépression : avoir des muscles rend-il heureux ?

dépression sport

Schwarzy a toujours eu l’air plutôt happy, mais il ne faut pas confondre corrélation et causalité, alors que dit la science sur le sujet ?

Et bien comme de par hasard, une récente méta analyse intitulée « Association of Efficacy of Resistance Exercise Training With Depressive Symptoms » s’est penchée sur la question en 2018.

La méta-analyse consistait à examiner 33 études (menées sur un total de 1877 participants, dont des groupes témoins) qui faisaient intervenir des entraînements de résistance, tout en mesurant les variations des symptômes de la dépression.

La majorité des participants (67%) était des femmes et les études duraient en moyenne 16 semaines avec une fréquence d’entrainement de 3 sessions de résistance par semaine.

Les symptômes de la dépression étaient quant à eux mesurés par une variété de tests psychométriques (comme l’inventaire de dépression de Beck ou encore l’échelle GDS pour Geriatric Depression Scale).

Bref, suffisamment de données et de protocoles sérieux pour établir des conclusions décentes.

Et en parlant de résultats justement, visez plutôt ça : 89 % de tous les résultats des études ont noté une réduction des symptômes dépressifs grâce à l’utilisation de l’entraînement de résistance.

Voici la conclusion des chercheurs : « l’entraînement de résistance a réduit significativement les symptômes dépressifs chez les adultes, quel que soit leur état de santé, le volume total prescrit ou les améliorations significatives de leur force. Il est toutefois nécessaire de mener des essais cliniques randomisés de meilleure qualité et de comparer cette méthode à d’autres traitements des symptômes dépressifs. »

Dans l’ensemble, les effets de réduction ont été modérés à significatifs (et ce même en tenant compte des études dont les réductions ont été exceptionnellement plus importantes).

Ce qui est plutôt cool, c’est que ces réductions des symptômes de dépression n’étaient pas liées au fait de faire des séances plus intenses, de soulever des charges plus lourdes ou même de voir des améliorations de performances.

L’amélioration des symptômes dépressifs s’est faite simplement grâce à un effort constant lors des entraînements.

Par conséquent, l’entrainement de résistance, dont nous connaissons déjà les bienfaits psychologiques, peut potentiellement nous aider à surmonter la dépression.

Que retenir de cette méta analyse et de la muscul’ contre la dépression?

Avant d’affirmer que la musculation est la meilleure arme pour les dépressifs, il faut toute proportion gardée.

Les meilleurs résultats sont apparus quand les sujets étaient supervisés durant leurs entrainements.

Loin des laboratoires, dans la vraie vie, il vaudrait par exemple le coup de prendre un entraineur personnel ou de se munir du soutien d’un proche pour ses sessions de résistance.

Autre solution : pourquoi ne pas aller faire un tour du côté des installations de street workout proches de chez vous, c’est là un excellent moyen de rentrer dans une communauté de passionnés, de se faire enseigner les bases et de faire le stock de lumière naturelle !

D’un autre côté, il est important de noter que bien que ces entrainements de résistance se soient montrés efficaces pour lutter contre la dépression, il s’avère que le cardio demeure encore plus efficace selon la science.

Mais cela montre que quel que soit le sport, tout exercice est bon à prendre pour le moral, même de courtes marches quotidiennes peuvent faire une vraie diff’ !

Aussi, bien que l’écrasante majorité des résultats aient montré une réduction significative des symptômes de dépression, nous ne pouvons nier que certains sujets ont montré au contraire, une augmentation de la dépression (peut être les personnes inscrites sur Instagram et ayant constaté qu’elles n’atteindraient jamais les physiques affichés dans cet univers virtuel parallèle).

Paradoxalement, il est « intéressant » de noter que si l’entrainement de résistance peut aider à lutter contre les symptômes de dépression, le culturisme en compétition peut être quant à lui source de dépression !

Bien que ces monstres en téflon semblent au demeurant à l’épreuve de tout, il arrive dans ce milieu que certains éprouvent des épisodes dépressifs. Cela peut être dû à une préparation intensive et pleine de sacrifices (surtout en période de sèche et à l’approche du dénouement final) ou à un échec aux portes du podium (il n’y a malheureusement qu’un vainqueur décerné par le jury).

Je vous invite à lire l’article « Depression And The Bodybuilder » pour en savoir davantage.

Enfin, il est important de noter que si vous êtes dépressif, vous ne devriez pas jeter vos médicaments et envoyer valser votre thérapie pour vous lancer corps et âme dans le sport. Vous devriez au préalable en parler avec la personne qui vous prend en charge. À noter aussi que lorsque l’on est en dépression, le simple fait de se lever du lit est une montagne, alors enfiler un short pour aller soulever des poids…

En conclusion, les troubles de l’humeur comme la dépression restent encore bien mystérieux, et si les scientifiques supputent qu’ils pourraient résulter d’interactions foireuses entre les neurotransmetteurs, impossible d’en déterminer la cause aujourd’hui.

La dépression est une maladie, ce n’est pas une honte que d’en souffrir, parlez-en à vos proches si vous suspectez d’en souffrir.

Pour prévenir la dépression, rien de tel que d’avoir une alimentation saine et équilibrée (pleine de vitamines et de minéraux de bonne qualité), d’être actif au quotidien, de bien dormir et d’éviter les drogues et le stress mental et physique de notre monde actuel.

mercredi 27 mars 2019|

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