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Médecine et compléments orthomoléculaires : immersion dans le monde médicinal de la « juste molécule » du prix Nobel Linus Pauling

  • complements orthomoleculaires

L’alimentation et la médecine sont au cœur même du système de réparation et de dopage du métabolisme humain. On a régulièrement recours à l’un ou l’autre pour perdre du poids, booster son niveau d’énergie, sa capacité de récupération ou son état générale de santé. En effet, l’homme depuis ses origines, a fait de la quête de son éternelle jouvence un impératif de santé. Cette quête passe irrémédiablement par la recherche de ce qui est caché dans la nature. Cette chose, une fois entrée dans notre organisme devrait lui garantir son renouvellement cellulaire.

S’il garde confiance dans les capacités de l’homme à induire des changements sur son organisme à partir des substances ingérées, le monde scientifique est souvent divisé quant aux propriétés et effets de chacune des substances utilisées. Plusieurs écoles de pensées traversent le monde scientifique de la médication. L’une de ces écoles est celle de la médecine et suppléments orthomoléculaires impulsée par le prix Nobel de chimie (1954) puis de paix (1962), Linus Pauling.

Genèse et théorie du mouvement orthomoléculaire

En 1941, le Dr Linus Pauling alors âgé de 40 ans a été diagnostiqué souffrant de la maladie de Bright. Cette maladie affecte les reins et est déclarée incurable à l’époque par les médecins. Il reçoit le soutien du Dr Thomas Addis de Stanford qui, en plus de lui prescrire un régime pauvre en protéines et sans sel, lui prescrit beaucoup de vitamines dont la vitamine C. Si cette prescription de vitamines éveille sa curiosité, il lui faudra attendre quelques années avant de formaliser sa pensée quant aux effets biochimiques d’une telle consommation sur la santé. Suite à des soupçons de dysfonctionnement enzymatique dans les cas de maladies mentales, Pauling voit en 1965 ses soupçons être confortés à la lecture d’une publication du Dr Abram Hoffer intitulée « Utilisation de la vitamine B3 en psychiatrie ». En 1968, par la publication du livre « Orthomolecular psychiatry », Pauling jette les bases du mouvement orthomoléculaire.

Du latin « ortho » signifiant « correct » ou « juste », ce mouvement entend suppléer l’organisme en molécules de synthèse proche de celles en action dans le corps humain. Le slogan « la juste molécule dans la juste quantité » de Pauling résume très bien le courant. Le courant entend pratiquer également une médecine appropriée à chaque individu puisque les besoins sont essentiellement liés à la masse corporelle de chacun des individus.

Ainsi à travers des compléments orthomoléculaires ingérés proportionnellement au poids, certaines molécules indésirables, telles que les graisses, seront ignorées ou brûlées, les fastidieux programmes pour perdre du poids n’auront donc plus leur sens.

Linus et la vitamine C

Le mouvement orthomoléculaire souscrit à la théorie de la mégadose. Une théorie qui voudrait que nous consommions des compléments orthomoléculaires, des nutriments additionnels à nos menus et aux quantités de vitamines et de sels minéraux plusieurs fois supérieures à celles ordinairement prescrites dans la médecine orthodoxe.

Selon cette école de pensée, en plus de fournir le corps dans le strict besoin de nutriments, il permet de prévenir de nombreuses maladies et aide à atteindre son poids de forme naturellement. Sur le plan physiologique, ce courant de pensée avance que ce ne sont pas tant les vitamines qui soignent, mais les mécanismes subsidiaires attachés à leur assimilation par l’organisme. Le corps humain ne synthétisant pas lui-même les molécules, il semble impératif en effet de procéder à leur remplacement au fur et à mesure qu’elles sont affectées à des tâches par le métabolisme.

De l’avis des défenseurs de la théorie des mégadoses de vitamines dont Linus Pauling, les besoins de l’homme en vitamine C sont astronomiques et très largement au-dessus des quantités que nous ingérons. Malheureusement, cette vitamine C qui devrait, en rentrant dans le sang, s’associer aux globules blancs pour renforcer la défense de l’organisme, est prioritairement affectée à la production du collagène protéine la plus abondante du corps humain. À titre de comparaison, Linus Pauling expose dans ses écrits le décalage de consommation en vitamine C dans les régimes alimentaires de l’homme et des autres animaux ; en particulier les grands singes avec lesquels nous partageons un commun ancêtre.

Ces animaux consomment quotidiennement au-delà de 2000 mg de vitamine C pendant que l’homme européen n’en consommerait que 60 mg au quotidien.

Le but serait donc de retrouver grâce aux excessifs taux de vitamines des compléments orthomoléculaires, un niveau d’absorption proche de celui des primates haplorhiniens dont nous descendons. Ceux-ci avaient contrairement à nous, la faculté de synthétiser l’enzyme L-gulonolactone oxydase (GULO) intervenant dans la conversion du glucose en acide ascorbique ou vitamine C. La disparition de cette fonction de synthèse serait une erreur de notre patrimoine génétique survenue il y a environ 63 millions d’années.

Pauling établit à une dose comprise entre 2 et 6 grammes les besoins quotidiens de l’homme en vitamine C, et vu que l’extraction de celle-ci de la nature s’avérerait fastidieuse, il a recours à la chimie de synthèse.

Le militantisme de Linus Pauling pour une consommation plus importante des doses lui vaut par exemple de baptiser de son nom la poudre de vitamine C vendue au Royaume-Uni. Cette poudre a pour appellation « Poudre de Linus ». Convaincu de ce que la vitamine C était un remède contre des maladies telles que le rhume, les maladies cardio-vasculaires ou le cancer, le prix Nobel consommait quotidiennement jusqu’à 18 grammes de vitamine C.

Linus Pauling consigna nombre de ses thèses dans différents livres dont « La vitamine C et le rhume » et « Vitamin C and Cancer » respectivement parus en 1970 et en 1979.

Le mouvement orthomoléculaire et les autres vitamines

Outre la vitamine C, le mouvement orthomoléculaire préconise l’absorption d’autres molécules naturellement présentes ou assimilables par l’organisme : ce sont les compléments orthomoléculaires.

Les compléments orthomoléculaires sont composés des sels minéraux et vitamines, et sont proposés en complément voire réparation d’un régime nutritionnel. Les vitamines A, B, C, D, E, et K sont essentielles à l’organisme et leur carence est source de nombreuses maladies. Un manque de vitamines A et D par exemple est susceptible de provoquer des problèmes d’yeux pour la première et des os pour la seconde. Ce sont de tels constats qui sous-tendent le mouvement orthomoléculaire.

Cliniquement, les bienfaits des mégadoses de vitamines font rarement le consensus. Des surdoses de vitamines D sont utilisées par exemple dans les cas de résistance du corps à ladite vitamine et débouchant sur le rachitisme.

En 2010, une très large étude menée par l’ONG Cochrane auprès d’environ 300 000 patients a révélé les bienfaits d’une surdose de vitamines notamment la vitamine A, auprès des malades atteints du VIH. Cette étude a reçu le satisfecit de nombreux professionnels et redonné aux compléments orthomoléculaires un peu de leur superbe.

L’idée de soigner ou de prévenir de graves affections par une alimentation survitaminée n’était pas somme toute nouvelle à l’époque de Linus. Elle apparaît dans les années 1930s et compte au nombre de ses partisans le physicien germano-américain Max Gerson. On doit à William McCormick d’avoir théorisé en 1948 le rôle crucial de la vitamine C dans l’apparition de nombreuses maladies alors que les frères Shute prétendirent soigner les maladies de cœur par la vitamine E.

Linus Pauling s’est donc fait le chantre d’un courant scientifique déjà établi, quoique rejeté par la communauté scientifique. On lui doit tout de même le mot orthomoléculaires.

Des vitamines à contre-courant

Ce courant de pensée qui entend sur la bases de compléments orthomoléculaires guérir ou prémunir l’homme contre de nombreuses maladies à partir d’un régime survitaminé ne rencontre pas l’adhésion de tous. Beaucoup soutiennent d’ailleurs qu’un tel régime aurait plutôt pour conséquence d’écourter l’espérance de vie.

En 1949, le conseil de pharmacologie et de chimie de l’Association médicale américaine réfutait dans une publication toutes les thèses de Gerson sur le traitement du cancer par survitamination et les traitait de fables et d’arnaques. Certaines vitamines ingérées en grande quantité se seraient révélées être à l’origine d’une prolifération des maladies cardio-vasculaires et des cancers.

Les thèses de Pauling se sont toujours heurtées à l’expérience clinique puisqu’aucune des études n’a formellement établi, dans le cas d’un rhume par exemple, un lien entre l’apparition ou la disparition des symptômes et la consommation de vitamine C.

Le traitement du TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) et de nombreux troubles de l’apprentissage par thérapie aux compléments orthomoléculaires semblent donner des résultats seulement à ses débuts. Plusieurs études dont l’une publiée en 1984 et couplée avec un meilleur contrôle de l’évaluation des résultats montrent que non seulement les effets positifs de la thérapie disparaissaient rapidement, mais on assistait également à une aggravation des symptômes.

Penchons-nous à présent sur les symptômes liés à la surconsommation des vitamines contenues dans les compléments orthomoléculaires :

  • Une surconsommation de la vitamine A fait se développer des symptômes tels que la fatigue, un hyperdéveloppement capillaire, des douleurs dans les os les plus longs du corps, un écaillement de la peau.
  • Une surconsommation de la vitamine D fait se développer l’azotémie qui est un stade terminal de l’insuffisance rénale, l’anorexie, la fatigue, la faiblesse excessive.
  • La surconsommation de la vitamine B6 est associée à la neuropathie sensorielle et autres effets neurologiques qui s’estompent une fois le traitement arrêté. Elle peut également créer des lésions cérébrales persistantes.
  • Quant aux effets des mégadoses de vitamine C, on peut citer la nausée, la diarrhée, et les calculs rénaux.

Le droit de reconnaissance des compléments orthomoléculaires ?

Les thérapies et compléments orthomoléculaires ont eu, grâce à l’influence de Linus Pauling double prix Nobel, une meilleure visibilité et une bonne audience. Toutefois, elles ne se sont pas imposées devant la traditionnelle médecine nutritionniste en tant que solutions tant préventives que curatives.

Beaucoup de ses partisans n’ont de cesse de dénoncer une volonté de l’industrie pharmaceutique à passer sous silence les résultats les plus probants accréditant l’efficacité des compléments orthomoléculaires. Pauling, Hoffer et bien d’autres ont prétendu que les résultats de leurs recherches ont été détruits.

À ce propos Hoffer le psychiatre qui soignait les maladies mentales avec de la vitamine B3 et ayant inspiré notamment Pauling, reconnaissait qu’il n’y avait pas une réelle mafia à proprement parler, mais une collusion « dirigée par un grand nombre de professionnels et leurs associations qui ont un but commun : celle de protéger leur orthodoxie durement établie, quel que soit le coût pour leurs collègues adversaires ou pour leurs patients. »

Les études visant à démentir l’effectivité des théories autour des compléments orthomoléculaires sont aussi légion que les études l’accréditant. Il est donc objectivement difficile de se prononcer contre ou en faveur des compléments orthomoléculaires. D’autant plus que la plupart des publications de contre-expertise reconnaissent une certaine amélioration tout au moins les premiers jours d’une cure survitaminée. On peut rappeler par exemple les cas déjà évoqués des patients atteints de SIDA et ceux atteints de rachitisme.

Médecine et compléments orthomoléculaires : immersion dans le monde médicinal de la « juste molécule » du prix Nobel Linus Pauling
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jeudi 3 mai 2018|

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