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Entorse de la cheville, comment soigner cette douleur que tout sportif a un jour croisé !

entorse de la cheville

C’est la hantise de tout sportif ! Si les entorses aux chevilles sont légion dans les sports collectifs comme le basketball (qui implique de nombreux changements brusques de direction) ou en course à pied, elles peuvent tout aussi bien survenir dans la vie de tous les jours, en manquant un trottoir ou en glissant sur un excrément.

6000 cas pas jour dans les urgences en France !

Les entorses de la cheville sont si fréquentes qu’elles représentent environ 10% des consultations aux urgences, principalement pour des cas d’entorses externes du ligament latéral (90% des entorses).

Ainsi la plupart du temps, les personnes viennent aux urgences et repartent sans radios puisque le médecin, après un simple examen clinique et un interrogatoire de routine, reconnait immédiatement l’entorse.

Vous allez voir qu’il ne leur faut pas plus de 5 minutes pour diagnostiquer l’entorse et que vous pouvez vous même le faire, ce diagnostic, en vous posant les bonnes questions.

Les entorses de chevilles sont une plaie de santé publique qui coûte près d’un milliard d’euros chaque année !

Alors certains protocoles d’autodiagnostic ont été mis en place par des Canadiens d’Ottawa afin de réduire les prescriptions de radiographies et donc réduire les coûts, nous les verrons par la suite.

Mais commençons par le commencement.

Une entorse c’est quoi ?

Par définition, une entorse est une lésion d’un ligament, mais qu’est-ce qu’un ligament ?

Un ligament est une sorte ficelle ou de câble si vous préférez, qui relie deux os ou plus entre eux au sein d’une articulation, ou autour de celle-ci.

Le ligament est donc essentiel pour assurer la stabilité de l’articulation et assurer que les surfaces articulaires restent en permanence en contact durant les différents mouvements.

Lorsque l’on fait un faux mouvement et que l’on se tord une articulation, les ligaments sont mis en tension (ils s’étirent), c’est ce qu’on appelle une entorse. Ils peuvent d’étirer de manière bénigne (c’est alors une foulure de la cheville) ou pas (ce qui peut donner des déchirures ou des fractures).

entorses chevilles

Il existe deux grands cas de figure de faux mouvements : le mouvement d’inversion du pied (quand le pied part vers l’intérieur, soit 90% des causes d’entorses) et la torsion en éversion, qui implique le ligament deltoïde (pied qui vrille vers l’extérieur).

Comment reconnaitre une entorse ?

Les symptômes d’une entorse sont très facilement identifiables. Déjà, il faut qu’il y ait eu un faux mouvement qui entraîne une vive douleur immédiate, un œdème et des difficultés à se mouvoir.

Voyons cela de plus près.

Plusieurs types d’entorses de la cheville

Il existe plusieurs types d’entorses plus ou moins graves, on les catégorise en trois stades, de 1 à 3. Le stade 1 correspond à l’entorse bénigne, le stade 2 l’entorse moyenne et enfin le stade 3, à l’entorse grave.

Les entorses les plus fréquentes sont de types 1 et 2. S’il vous arrive une entorse de stade 3, vous n’êtes vraiment pas verni !

  • Entorse bénigne : soignable avec du repos et une légère contention
  • Entorse moyenne : soignable avec le protocole RICE et éventuellement des séances de kiné
  • Entorse grave :  peut aller jusqu’à la déchirure ou l’arrachement osseux (fracture). Immobilisation totale (plâtre) voir même opération chirurgicale (ligamentoplastie) en cas de rupture complète, à noter que la chirurgie reste exceptionnelle et est réservée aux entorses graves chez des jeunes sportifs de haut niveau ou en cas d’autres lésions associées.

Évaluer la gravité de la lésion

Nous l’avons mentionné précédemment, aller aux urgences pour une entorse une nécessité puisque dans la majorité des cas, le médecin conduira simplement un interrogatoire de routine en considérant les facteurs suivants :

  • La situation au moment de la blessure : c’est arrivé en marchant, en effectuant une mauvaise réception après un saut, dans un impact lors d’un accident de vélo ?…
  • La taille de l’œdème, est-ce qu’on est sur un oeuf de caille ou un oeuf de pigeon (d’autruche ?)
  • La présence ou non d’hématome et de tuméfaction (attention toutefois, l’hématome peut parfois survenir le lendemain)
  • La douleur à la charge, c’est-à-dire l’incapacité de mettre le poids du corps sur le pied, marcher devient impossible
  • La présence ou non de craquement audible
oeuf de pigeon
Je suis pas médecin, mais là…=> URGENCES

Dans la plupart des cas, vous pouvez faire preuve de bon sens et répondre vous même à ces questions.

Évidemment que si vous avez une cheville de la taille d’une noix coco et que cette dernière est bleue/mauve, les urgences sont à considérer !

Mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Sachez qu’il existe une formidable application qui s’appelle Dr Sport et vous permet de vous guider dans le diagnostic de votre douleur afin de vous prendre en charge de manière optimale.

Je vous ai parlé en introduction d’un protocole canadien appelé « règles d’Ottawa » et qui vise à réduire les couts liés à la radiologie en indiquant les risques de fractures.

Ce sont des règles simples auxquelles vous pouvez parfaitement avoir recours chez vous pour avoir une bonne idée de la probabilité d’une entorse grave.

Les 3 règles d’Ottawa

  • 1) Si vous avez entre 18 et 55ans, a priori pas besoin de radios, car le risque de fracture n’est pas élevé
  • 2) Si vous avez la possibilité de faire 4 pas par terre, c’est un deuxième critère positif qui indique peu de risque de fracture associée
  • 3) Si pas de douleur exquise à la palpation (quand on hurle au toucher) sur la malléole intérieure et extérieure (pareil avec les os à l’avant du pied), encore une fois, le risque de fracture est faible

Ceci étant dit, il ne faut pas non plus prendre une entorse trop à la légère quand même, dans une minorité de cas, il existe des possibilités de lésions associées soit au cartilage, soit ce qu’on appelle des lésions syndesmose de cheville. Un IRM éclaircira les doutes de votre médecin.

Je résume, si vous pensez que c’est très grave (entorse de type 3), alors oui, filez aux urgences. Sinon, appliquez le protocole RICE que nous allons voir ensemble et aller au médecin seulement après ce traitement symptomatique.

Comment soigner une entorse à la cheville avec le protocole RICE

Il est courant de dire qu’un ligament met entre 4 à 6 semaines pour cicatriser, vient ensuite la phase de guérison, qui ne prend fin que lorsque l’on a entièrement retrouvé ses capacités. Il pourra y avoir ou non rééducation et une reprise progressive de son sport pour ne pas induire de récidive (rien de pire que les entorses à répétition).

Le traitement symptomatique RICE (aussi connu sous le nom de protocole GREC ) se compose de 4 étapes bien distinctes que vous connaissez d’ailleurs certainement si vous avez déjà souffert d’une entorse.

#1 : Repos

Le repos strict est synonyme d’un arrêt complet de toute activité sportive lors de la première semaine. Ensuite, il est possible de reprendre une activité modérée atraumatique comme le vélo, la natation et tout autre sport qui n’implique pas de stress sur la cheville.

On pourra en parallèle s’armer de béquilles (paire de cannes anglaises) pour délester le poids sur l’appui du pied. Au-delà d’une semaine, exit les béquilles pour une meilleure cicatrisation ligamentaire.


#2 : Ice, le glaçage

On appliquera de la glace sur la cheville à raison de 10 minutes, 4 fois par jour et ce pour lutter efficacement contre les troubles exsudatifs (« L’exsudation est la libération à partir des vaisseaux sanguins vers un tissu ou à la surface d’un tissu, d’un liquide contenant des cellules, du pus et des quantités importantes de protéines » – selon Doctissimo)

Le drainage optimal de la zone est obtenu en plongeant son pied et sa cheville douloureuse dans une bassine d’eau contenant des glaçons…oui ça pique, mais c’est le plus efficace.

Les petits poids sont un bon système D mais ciblent uniquement la malléole, au même titre que la poche de froid ou le torchon rempli de glaçons (qui brûle souvent, de surcroit).


#3 : Compression

On cherche à empêcher tout mouvement latéral, sans restreindre pour autant les mouvements sur le plan sagittal.

Une bonne solution est alors d’opter pour des prothèses ou autres attèles à poches réfrigérantes (assurent immobilisation + compression) que l’on trouve à très bon prix sur internet (20% à 30% moins cher qu’en pharmacie).

Il faut savoir que sur les produits de types chevillère ou genouillère achetée en ligne, il y a possibilité de prise en charge par l’assurance maladie sur envoi d’une ordonnance (par téléchargement ou par mail).

Au-delà de la prothèse, il y a le plâtre, qui est tout de même plus recommandé en cas d’entorse de type 3 et non de type 2, pour lesquelles on cherche plutôt une immobilisation fonctionnelle et non totale.

Compression et stabilisation peuvent aussi être obtenues par des produits de contention adhésive (bandage élastique), des straps. Cependant ces derniers possèdent un prix bien plus élevé et ils requièrent tout de même une expertise pour être mis en place.


#4 : Elevation

Vous le savez, on vous la toujours dit, placez vos pieds légèrement surélevés en cas d’entorse, c’est particulièrement vrai lorsque vous dormez.

Avoir les jambes en l’air diminue les douleurs et les inflammations, car le sang va moins circuler en direction de la cheville.

Ce n’est pas une raison pour rester allongé toute la journée, les pieds en l’air, à compter les mouches, cette immobilité prolongée serait même contre-productive pour votre guérison !

Ce que vous pouvez faire en plus

Si vous souffrez réellement beaucoup, rien ne vous empêche de prendre un paracétamol ou un anti-inflammatoire non stéroïdien (ibuprofène, kétoprofène), AINS. Ne prenez jamais plusieurs types d’AINS en même temps !

Aller voir le médecin 3-5 jours après pour voir avec lui s’il y a besoin de kiné et de rééducation fonctionnelle.

Ces séances sont très efficaces pour lutter contre la douleur, renforcer la cheville, travailler la stabilité (avec un plateau de freeman notamment), aguerrir les réflexes, travailler sur un plan proprioceptif, bref, tout ce qui vous aidera par la suite à ne pas récidiver !

Franchement, ne négligez pas ces séances de kiné.

Le pouvoir des plantes peut être un plus, il existe bon nombre d’huiles essentielles (Arnica, Menthe poivrée) qui peuvent agir contre la douleur, rien ne vous empêche d’essayer un cataplasme à base d’argile vert et d’huiles essentielles sur votre malléole.

Attention toutefois si vous utilisez les huiles essentielles, n’appliquer pas de crème anti-inflammatoire !

Comment éviter les entorses à répétition

L’entorse demeure encore aujourd’hui un des problèmes de santé les plus mal soignés, car beaucoup de sportifs bâclent leurs traitements et conservent ainsi des séquelles à vie.

Ainsi, on note 30% de récidive après une entorse de la cheville !

talons aiguillesQuelques conseils pour ne pas replonger dans une entorse à la cheville :

  • Bien suivre le traitement du médecin
  • Ne pas reprendre le sport trop hâtivement et aller au kiné
  • Ne pas négliger les échauffements
  • Soyez à l’écoute de votre corps
  • Continuez de pratiquer des exercices de rééducation chez vous même une fois les séances de kiné terminées
  • Evitez les chaussures instables genre talons (et éviter les podiums)
  • Massez avec une crème anti-inflammatoire après de gros efforts

Source:
http://www.ll-therapy.com/

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